Le chêne et le roseau

Dernière mise à jour : 14 juin 2021

Il est bien de connaître ses points forts, mais il est inutile de mettre en évidence les faiblesses des autres. Surtout que parfois les rôles s’inversent. C’est ce que va apprendre durement l’un des protagonistes de la fable « Le Chêne et le Roseau » de La Fontaine. Découvrez son histoire avec vos enfants.


LE Chêne et le Roseau: la fable


intégrale

Le Chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ; Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent qui d'aventure


Fait rider la face de l'eau, Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil, Brave l'effort de la tempête. Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphyr. Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n'auriez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l'orage ; Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des Royaumes du vent. La Nature envers vous me semble bien injuste. Votre compassion, lui répondit l'Arbuste, Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci Les vents me sont moins qu'à vous redoutables. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,


Du bout de l'horizon accourt avec furie Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs. L'Arbre tient bon ; le Roseau plie. Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.


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